Heureusement, les paysages traversés valent le coup d'oeil. Tout d'abord, tant que l'on reste dans la vallée de Dali et du lac Erhai, l'architecture Bai est présente, et les villages ou petites villes alternent avec une multitude de champs et une non moins multitude de paysans y travaillant. On se rend vraiment compte de la différence entre ces paysans et ceux de nos pays occidentaux : ici, tout ou presque se fait à dos d'homme ou de vélo ou de brouette ou de vélo à charrue. J'ai pu apercevoir seulement deux fois un boeuf faisant office de force motrice ! Tout les autres semblaient avoir une sorte d'araire pour retourner leurs champs.
La route empruntée par le bus est appelée autoroute, mais ça ressemble bien plus à une route nationale (mais avec de rares péages), avec en plus toute sortes de véhicules très lents circulant sur les extrémités de la route : vélo, âne, petite camionnette, et piétons (souvent portant un fardeau sur le dos). C'est un miracle qu'il n'y ait pas plus de morts sur leurs routes... surtout qu'ici, pour dépasser, c'est un peu la loi de la jungle : c'est le plus fort ou celui qui a une mercedes qui dépasse, et les autres s'arrangent pour l'éviter, par exemple en se rapprochant dangereusement des bords de la route et des vélos, piétons et autres. Comme on est dans un bus, ça va, on a l'avantage de la dissuasion, mais qu'est-ce que ce doit être flippant d'être dans une petite camionnette... En plus, le dépassement est quasi constant car les différentiels de vitesse entre les véhicules sont considérables ; souvent, les gros camions de chantier chargés de pierres ou de terre ont du mal à atteindre les 30, alors que les différentes sortes de bus sont parés pour les 100...
Une fois la vallée dépassée, l'ascension commence, et les champs et villages laissent la place à des paysages semi-désertiques à la terre très rouge et aux villages très pauvres ; les habitations n'ont plus la belle architecture Bai ; cela a laissé place à des murs en sorte de mélange de terre et d'autres choses. Il semble que pas grand chose ne pousse par là...
Puis on redescend dans la vallée suivante, et les champs en terrasse font leur apparition :
Puis on passe par la seule grande ville entre Dali et Lijiang :
Entre cette ville et Lijiang (50km), se succèdent les petites villes ou villages et les champs et champs de riz, mais à plat :
Ca y est ! On est à Lijiang ! Enfin... pas dans la vieille ville ; pour l'instant on est dans une ville chinoise typique, et on est surpris par la taille : on s'attendait à un truc bien plus petit...
Une fois notre chemin repéré, après plusieurs échecs mineurs (malgré le gps de l'iphone d'Aurélien !), on arrive enfin, après une bonne demi-heure de marche, dans la vieille ville, et on n'est pas déçus : ça a l'air pas mal du tout :)
Mais boulot d'abord : trouver l'auberge de jeunesse réservée dans ces méandres de petites rues... On se débrouille plutôt bien, mais une fois arrivés à l'auberge, et sur les conseils d'Aurélien, on décide de changer de logis : les dortoirs sont vraiment spartiates, les toilettes communes infâmes, et les chambres doubles seraient acceptables, mais Aurélien pense, et avec raison, qu'on peut avoir mieux ailleurs.
En plus, avec le sacré nuage de cendres, tous les touristes européens sont encore bloqués et ne peuvent arriver, donc il doit y avoir pléthore de places dans les guest house !
Aussitôt dit, aussitôt fait, on trouve une autre auberge tout à fait sympathique, aux chambres agréables et aux toilettes convenables, et à peine plus chère (la chambre double à 12 euros, ramenés ensuite à 10 euros au lieu des 9 euros de l'auberge réservée). Bon, ils ne parlent pas un mot d'anglais, mais c'est ça la Chine, et cela nous donne l'occasion de pratiquer la langue :)
Photo de notre résidence, à l'architecture style Naxi :
A Lijiang, et dans la région autour, ce sont les Naxi la minorité dominante. Les Naxi ont la particularité d'avoir eu des moeurs assez libres voire matriarcales, ce qui a posé quelques problèmes lors de l'assimilation des coutumes Han (les chinois majoritaires). Par exemple, il n'y avait pas de mariage en tant que tel : les unions étaient temporaires, et les femmes élevaient les enfants résultant de ces unions ; le nom se transmettait de mère en enfants. L'homme allait vivre chez la femme lors de la durée de leur couple, puis rentrait chez lui (habitant souvent avec ses frères). Au-delà de Lijiang, vers le Sichuan, il y a des Naxi ou les conseils de sages étaient uniquement composés de femmes, qui prenaient les décisions de la vie du village. Ces coutumes ont disparu (sauf dans quelques villages d'irréductibles, vraisemblablement assez isolés) peu à peu, et autant dire que la révolution culturelle n'a pas aidé à les maintenir.
Cette minorité Naxi est connue aussi pour sa religion Dongba et son écriture hiéroglyphique qui fut l'écriture hiéroglyphe ayant perduré le plus longtemps. A présent, seuls quelques personnes sont "fluent" en Dongba, les connaissances et les textes ayant été pas mal détruits pendant les années 1960, mais la situation est stabilisée.
Place maintenant aux déambulations dans la ville !
Des vendeuses de fruits et de galettes de pomme de terre (dont Aurélien fera presque une orgie) :
Joseph et Aurélien, discutant avec Richard lors de notre première rencontre, devant de belles demeures (restaurants) :
Cela ternit un peu la beauté de ce que l'on voit par ailleurs, et montre vraiment la nécessité de ne pas visiter par tour operator qui ne montre que les façades...
Petite rue de Lijiang non loin du centre, avec le porter à la chinoise des deux seaux :
Le bâtiment que la ville a construit dans le parc, au sommet de la colline, après que Lijiang soit classée au patrimoine mondial de l'Unesco :
Après tant de déambulations dans la ville, et pour fêter comme il se doit les 25 ans d'Aurélien, on se choisit un resto en plein centre (du coup, on aura droit au mélange des sonorités musicales en provenance des différents restos de la rue), et voilà l'un des plats :
Pas si mal que cela ; on n'a pas finit l'assiette, mais on n'en était pas loin.
Pour contrer les tendances des mecs à ne prendre que des plats très exotiques, je choisis des plats plus banals, et on aura notamment droit à un succulent plat de poulet à la sauce sweet&sour, servi cette fois avec de la pastèque ! (en général, c'est agrémenté de poivrons, oignons et ananas), ainsi qu'à un très bon dessert d'ananas grillé.
Le Yunnan étant très au sud, ils ont pas mal de fruits exotiques, contrairement à ce que l'on aurait pu penser en se focalisant sur la proximité avec le Tibet : le Yunnan est le pays à la fois du Yack et du thé au beurre de Yak, et des pastèques, des ananas, des fraises et des cerises.
Puis, comme à Dali, la vieille ville s'illumine dès la tombée de la nuit :
2 commentaires:
Bien joué pour les photos du voyage en bus(champs en terrasse+rizières), j'ai jamais trouvé un moment pour en réussir une.
Et tes photos de Lijiang city déchirent également !
Je savais pas qu'Aurel avait craqué pour un iPhone :)
(oui c'est tout ce que j'ai retenu)
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