A 8h30, notre bus part, et à 10h30, à l'approche des Gorges du Saut du Tigre, un constat s'impose : il pleut. Cette randonnée est tout de même une vraie randonnée, déconseillée dans le Lonely Planet par temps de pluie. Du coup, on décide de rester dans le bus et de continuer vers Shangri-La. On inverse notre programme : au lieu de faire Gorges du Saut du Tigre puis Shangri-La, ce sera Shangri-La puis Gorges du Saut du Tigre.
Lors du trajet, un coup de fil et notre chinois balbutiant nous apprend qu'il neige à Shangri-La ! Ouh, ça va changer des 20° de Dali et Lijiang...
Le trajet est sympathique passant de vallée en cols, le tout sur des routes de qualité variable, mais toujours convenable, et de nouveau avec les fameux dépassements sportifs spécialité du coin (si l'on peut dire que la Chine est un "coin"), à coup de klaxon. On arrive ensuite sur un haut plateau, où la neige apparaît, mais heureusement très peu épaisse ; c'est plutôt un fin filme de neige. Puis la route reste plate pendant au moins 3/4h : le plateau sur lequel est Shangri-La est très vaste, et constellé de collines (enfin, collines par rapport au plateau).
Les faubourgs de Shangri-La ne sont pas spécialement très engageants, mais en tous les cas on sent qu'il y a de l'espace, et l'étalement urbain est moins dense. Une fois sur le plateau, les fermes ont un style tout à fait différent que ce que l'on a vu jusqu'à présent.
A la sortie de la gare, on sent que le tourisme y est bien moins intense : on est les seuls touristes. La sensation de froid est nette, il doit faire environ 3-4°...
On cherche vainement le bus #1 avant de se rabattre sur un taxi, qui nous dépose à "Gu Cheng" : vieille ville (très utile à Shangri-La, Lijiang et Dali...).
Après être passés à l'auberge réservée par Vincent, on ressort et dès qu'un resto nous convient à tous, on s'y pose, et c'est parti pour un repas Yak !
Bilan partagé : on est contents d'avoir testé le yak, mais ce n'est pas le met le plus délicieux de la gastronomie chinoise ou tibétaine ; c'est un peu comme du boeuf, mais en moins bon, ou plutôt cela m'a fait penser aux moins bonnes parties du boeuf. Quant aux concombres : mémorables...
Après ce repas peu commun, on ressort dans le froid, et on parcourt les rues de la vieille ville en direction du temple situé sur une colline avec une espèce de tour dorée tournante qui nous intrigue.
Les rues sont bien moins animées qu'à Dali ou Lijiang ; certaines sont carrément vides pour la Chine. Il y a bien sûr des magasins de souvenirs, mais en nombre très raisonnable.
Une caractéristique : à Shangri-La, l'idéogramme "prospérité" figure partout : sur les tapisseries à l'intérieur des restaurants, sur les frontons d'entrées, et même parfois en grande taille sur les murs des maisons comme sur la photo ci-dessous :
Dans le but de se réchauffer, passage rapide au musée situé sur la place ; hélas c'est manqué car il n'est pas chauffé et les portes sont immenses et ouvertes en grand ! De plus, il est peu mémorable sauf (en ce qui me concerne) pour la maquette de toute la région nord-ouest du Yunnan permettant de voir le relief - les montagnes aux neiges éternelles, les vallées, les Gorges du Saut du Tigre, les plateaux de Shangri-La et Lijiang notammant, etc.
A un étage, on est dirigés vers des salles privées avec canapés pour se faire ausculter par des docteurs tibétains. Je ne peux raconter d'anecdotes car, méfiants, nous ne nous y sommes pas risqués.
De l'autre côté de la place, un autre temple :
La cour du temple, entre tradition, modernité (l'aile blanche) et communisme (cf. la statue) :
Puis on arpente les rues de la vieille ville :
Puis on sort de la vieille ville pour aborder la "vraie" ville et la "vraie vie". Le carrefour près de la porte nord :
Une laverie-pressing : les machines à laver dehors, et les vêtements à sécher sur des cintres, également dehors :
A la find e l'après-midi, on se pose dans un restaurant-café-bar à la carte épatante (et l'accroche "meilleur chocolat chaud du monde" écrite en français n'est pas pour rien dans notre choix de l'endroit), aux couleurs tibétaines, et c'est le moment de faire découvrir le thé au beurre de yak à nos fraîchement débarqués de France :
J'y ai regoûté, et même si ce n'est vraiment pas mon truc, il était nettement meilleur que celui de Dali : il ne m'a pas donné de haut-de-coeur - mais je n'en ai bu que deux gorgées malgré tout...
La serveuse nous a demandé si on aimait le thé au beurre de yak, et quand Vincent a répondu que oui, elle a rigolé !
L'endroit est très sympa, et les défauts d'isolation (la porte n'est pas très ajustée, et les fenêtres non plus, donc des petits filets d'air du dehors nous parviennent) sont compensés par le chauffage électrique qu'ils mettent sous les couvertures de la table (plus que des nappes, ce sont des couvertures car elles sont exprès suffisamment longues pour nous couvrir les jambes - et un serveur nous a même bordé ^^ !).
On a enchaîné les thés (à la rose et au miel, excellent !), cafés aromatisés et chocolats chauds (quand même pas les meilleurs du monde, faut pas exagérer), jusqu'à ce que des musiques résonnent. On sort, et là surprise : sur la place principale, les gens se sont rassemblés et dansent des danses traditionnelles en rond :
On rentre ensuite à l'auberge, où le froid règne (ce n'est pas chauffé ; dans la chambre on peut voir notre respiration se condenser...), et on prend la bonne initiative de brancher à la prise l'espèce de petit sur-matelas disposé sur le drap du dessous et sous les couvertures.
Ca n'a pas l'air de chauffer beaucoup, mais lorsque l'on est rentrés du resto, ce sur-matelas était bien chaud et avait réchauffé tout le lit ! Je l'ai même éteint pendant la nuit...
Pas mal comme système ; en tout cas, c'est sûr que cela fait économiser de l'énergie.
Après avoir pas mal hésité, on se décide pour un resto dans une petite rue, qui a l'air plus authentique que les restaurants proches des rues et places principales, et a l'air d'attirer des autochtones. On est seuls à l'étage, et la déco boisée est pas mal du tout :
Un véritable festin pour 3 euros par personne, myriade de bières comprise !
Ensuite c'est le retour à l'auberge, l'épreuve des toilettes pas hyper attirantes et sans chasse d'eau - on doit prendre de l'eau d'un grand bac à l'aide d'un seau pour faire manuellement la chasse d'eau - puis direction le lit maintenant devenu douillettement chaud :)
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