Dès la sortie de la gare, je sors l'appareil photo pour immortaliser (quelle ambition) cette vue sur la baie de Kobe :
L'un des quartiers les plus connus de Kobe est celui de Kitano, sur les hauteurs de Kobe : c'est là qu'ont habité nombre d'étrangers après l'ouverture du port de Kobe aux étrangers, et il en reste les petites rues à l'européenne (ou en tous cas pas à la japonaise), des maisons occidentales, et une atmosphère différente des autres villes.
Historiquement, Kobe a toujours été un port important, principalement orienté vers le commerce avec la Chine et les autres pays asiatiques pendant des siècles, puis vers le commerce avec l'occident à partir de 1868 (de même que Yokohama). Du coup, Kobe a été une ville à la pointe de la modernité à cette époque là : premiers lampadaires, introduction du cinéma et du jazz, vêtements à l'occidentale qui supplanteront petit à petit les kimonos et yukata, alimentation exotique (exotique signifiant européen bien sûr :) ), meubles étrangers (chaises, tables hautes, toilettes,...), et j'en passe sûrement.
A l'origine, la concession occidentale se situait près du port, mais peu à peu les étrangers allèrent habiter Kitano, sur les contreforts des collines avec de l'air frais et une belle vue sur la baie, où ils se construisirent des demeures similaires à celles de leurs pays d'origine. Il y eut ainsi une centaine de demeure occidentales qui y furent bâties (une vingtaine encore aujourd'hui), tandis que les autres activités restèrent dans la concession originale : magasins, hotels, entrepôts,...
Petites rues de Kitano :
La première sur la rue est la maison américaine :
En face, la maison rhénane (allemande ?) :
Le salon (officiel, par opposition à celui de l'étage) :
Toujours dans la catégorie "quartier étranger", voici l'ancienne résidence du consul américain, en style colonial, qui ne se trouve pas à Kitano mais est dans le quartier qui fut l'ancienne concession étrangère :
Non loin de l'ancienne concession étrangère se trouve le parc de Higashi-Yuenchi, où les étrangers venaient se détendre le week-end (peut-être seulement le dimanche, à l'époque), et introduisirent ainsi le rugby, le foot et le tennis au Japon.
Ce parc est un chuya tristoune, surtout sous la pluie, et fait pâle figure devant le Yoyogi-koen de Tokyo, malgré ses jolies petites cascades très modernes : c'est bien trop bétonné/dallé à mon goût...
On y trouve aussi la commémoration du grand tremblement de terre de 1995 qui coûta la vie à 6000 personnes ; la flamme, allumée le 17 janvier 2000 à 5h46, soit exactement 5 ans après, symbolise la mémoire du tremblement de terre et de la reconstruction de la ville (la reconstruction fit scandale car elle prit 3 ans ; moi je trouve ça plutôt pas mal pour une ville de 1,5 million d'habitants !). On la distingue sur la gauche de la photo (le grand bâtiment en arrière plan est la mairie de Kobe) :
Un peu plus à l'ouest de Kobe, en me dirigeant vers le temple principal de la communauté chinoise de Kobe, je tombe sur un temple appelé Modern-dera, i.e. "temple moderne", qui porte bien son nom :
Voici le Kanteibyo, temple chinois d'Osaka (qui ne se trouve pas dans le quartier chinois), et revoir un temple chinois après tous les temples bouddhiques japonais que j'ai vus depuis près de deux ans m'a fait une bonne piqûre de rappel des différences entre eux, et notamment le mariage du rouge, du jaune, du bleu et du vert (alors que les temples bouddhiques japonais utilisent quasi uniquement le rouge) :
Entre ce temple chinois et le quartier de Kitano se trouve le jardin japonais du Soraku-En, premier jardin japonais de Kobe. Il était autrefois le jardin de la résidence d'un riche japonais, résidence détruite lors de la seconde guerre mondiale dont il ne reste que les portes et les murs entourant le jardin, et l'étable, de style européen (le fait qu'elle soit construite en briques explique sans doute pourquoi elle a résisté aux feux causés par les bombardements) :
La voiture dans le garage :
J'ai eu la chance de visiter ce jardin lors de la période "mommiji" de l'année (feuilles rouges), donc voici une pléthore de photos de la partie principale !
On y trouve une énorme cascade, Nunobiki-no-saki, en fait un ruisseau de montagne qui dévale les 400-600 mètres de dénivelé en suite de cascades impressionnantes. Elle est très accessible à pied de la gare de Shinkansen, donc je me suis fait un plaisir d'y aller, et je n'ai pas été déçue !
En continuant plus haut, en téléphérique pour les paresseux ou pour ceux qui n'ont pas de plan des chemins de randonnée (j'ai trouvé Lonely Planet trop light sur Kobe), on arrive à un point de vue sur la baie d'Osaka :
Place maintenant à Kobe by night !
La galerie commerciale principale, qui s'étend sur des centaines de mètres :
Le quartier chinois, Nankin-machi, assez petit : une rue principale et quelques rues perpendiculaires :
Kobe vue d'en haut de la mairie :
Kobe Harborland, quartier de loisirs avec jeux d'arcades, pachinko, centres commerciaux, restaurants, cinémas, karaoke, etc (équivalent de Odaiba à Tokyo) :
Autre centre commercial principal : Hankyu (rappelez-vous l'énorme d'Osaka), où l'on peut voir, sur la droite à l'avant dernier étage, les efforts des clients du centre sportif qui courent sur des tapis roulant :
La dernière partie de Kobe que j'ai arpentée est le Meriken Park, qui s'avance sur la baie, en face du Kobe Harbor Land, et qui comporte des musées, une commémoration du tremblement de terre de Kobe en grandes photos, une réplique du Santa Maria de Christophe Colomb :
Kobe est connue pour plusieurs spécialités : le sake (30% du sake japonais est produit à Kobe !), les perles (80% !), et bien sûr le boeuf.
J'ai d'ailleurs testé le boeuf de Kobe, à midi pour limiter le coût : pour 3400 yens (25 euros), j'ai eu du riz, de la soupe, ainsi que des légumes (tofu, pomme de terre, poivron, soja, aubergine) et une pièce de 130g de boeuf cuits façon teppanyaki (sur une plaque chauffante).
La photo ne rend pas très bien, mais on y voit le bol de riz, le bol de soupe, les coupelles de différentes sauces pour y assaisonner les légumes, et l'assiette principale où le cuistot dépose les légumes et le boeuf une fois cuits sur la plaque, et où se trouvent le sel, le poivre, la moutarde et les lamelles d'ail (chaque lamelle ayant été cuite séparément !) pour assaisonner les morceaux de boeuf.
Bilan : c'est très bon ! Mais je ne pense pas mettre le prix pour un repas le soir (lorsqu'il n'y a pas de menu de midi, toujours très avantageux au Japon), ni surtout pour la meilleure partie du meilleur boeuf de Kobe : 100 euros les 130 grammes dans ce resto...
Malgré le temps, gris le premier jour et pluvieux le second, j'ai apprécié la visite de Kobe, et notamment :
- la cascade de Nunobiki
- le jardin japonais Soraku-En, en plein florilège de couleurs d'automne
- Kobe by night
- le quartier de Kitano
- la vue sur Kobe du haut des collines
En plus, tout se fait aisément à pied !
5 commentaires:
"J'ai souri en voyant le nom d'un des centres commercial principal de Kobe Harborland : Mosaic, car on est en plein Flash Forward"
Pas compris...
Les photos de la Tour de Kobe et du centre maritime by night sont sublimes. Ca pète !
ah ha !!
j'ai mis en échec le génial duche !
éléments de réponse :
Flash forward = série américaine
Mosaic = dans cette série, nom du projet pour tenter de résoudre l'incroyable mystère de la série
Pfff. Va falloir que je me lance encore dans une nouvelle série ?
Mosaic, c'est aussi la carte jeune du Crédit Agricole !
Retiens bien ça mon duche, ce sera une question trivial pursuit quand on aura 40 ans :)
D'ailleurs, ca me fait penser qu'il faut que je me remette dans cette série, j'ai dû rater 3/4 épisodes...
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