Après avoir échoué lamentablement lors d'une première tentative de réservation de chambre dans un établissement où visiblement on ne parlait pas anglais, je perdis courage puis le repris et retentais ma chance dans un second établissement. Là non plus on ne parlait pas anglais, mais tout se passa sans encombre malgré mon japonais rudimentaire (et le téléphone qui ne facilite pas les choses). C'est donc à Shimoda, à l'extrême sud de la péninsule que nous passerons nos deux nuits en ryokan.
Samedi, après une heure de shinkansen puis une heure de train local, nous arrivons à notre premier arrêt : Imaihama ('hama' veut dire plage, enfin je crois, mais sinon il y a de sacrées coïncidences car toutes les plages où nous irons se terminent par 'hama'). C'est l'une des seules plages de sable fin de la côte Est de la péninsule. Attention : sable fin ne signifie pas sable blanc !! Ici, il est plutôt noir, à cause a priori du volcanisme passé du cher Mont Fuji, à quelques dizaines de kilomètres de là.
Après la version japonaise du pique-nique - un bol de nouilles instantanées - nous voilà sur la plage, pour plusieurs heures à ne rien faire :
Après 15 minutes de train pour arriver à Shimoda, nous sommes allés nous promener dans les rues et dans les alentours de la ville. Hélas pas de photo, car j'avais laissé mon appareil au ryokan. Pourtant, j'aurais aimé prendre quelques clichés des maisons de Shimoda (d'après le guide, d'autres villages du coin ont les mêmes caractéristiques) : l'extérieur présente des losanges blancs en relief sur un fond noir, donnant au tout un petit air occidental (oserai-je dire alsacien ?).
Nous nous sommes ensuite baladés dans un parc aux dix mille hortensias (mille n'est plus assez emphatique), et sommes tombés sur une magnifique vue d'une baie entourée de falaises et de rochers, avec le soleil couchant donnant de jolies teintes au tout. C'était vraiment beau.
On a aussi pu voir des panneaux "be careful of Tsunami. Here 3m" ou 2,5m selon les endroits ; c'est assez impressionnant.
Voilà donc une promenade dont nous n'aurons pas de photos ; il nous faudra nous reposer entièrement sur notre mémoire en cette époque pourtant numérique ;)
Quelques drôles de notes dans le ryokan:
- bain chaud thermal à la japonaise, mais pas de douche !! Il fallait utiliser des bassines, les remplir au robinet d'eau chaude et d'eau froide (pas de mitigeur non plus), et se la renverser sur la tête !! c'était drôle pour deux jours, mais sans doute pas très plaisant sur plus long terme. Notamment, j'ai pas mal galéré pour mon shampoing...
- les brosses à dent : quand on a ouvert le plastique des brosses à dent, pas de dentifrice. On s'est résigné à se laver les dents à l'eau, et là, après deux regards perplexes, on s'est rendus à l'évidence : on était en train de se laver les dents sans dentifrice avec du dentifrice apparaissant spontanément. Surprise : la brosse à dent synthétisait son dentifrice ! Aah la chimie...
La désormais mythique brosse à dent-dentifrice :
D'ailleurs, certains ne se privent de rien, et se sont offert une maison totalement isolée (rarissime au Japon) surplombant la plage :
Vue de la plage et de la côte:
En chemin, on passe devant quelque chose d'inimaginable en France : devant un garage d'une maison, quelques cageots sur lesquels des fruits et légumes sont à venre. Jusque là, rien d'anormal. Mais... pas de vendeur : les prix de chaque item sont affichés, et le client doit mettre le prix de l'article dans le trou prévu à cet effet dans la porte de garage !!!
On choisit un autre coin, et là on a, comme les vaches regardent passer les trains, admiré les vagues pendant des heures. Ce fut vraiment agréable, on était presque seuls, le soleil était atténué, le temps parfait, et on ne se lasse pas de contempler les vagues se former, se défaire et parfois s'affronter...
Quelques photos ; admirez les rouleaux ; les vagues étaient assez impressionnantes, ce qui explique les surfeurs précédemment mentionnés.
Du coup, sur la seule plage d'Ohama (qui certes est grande, mais n'excède quand même pas 500m de long), deux rivières se jettent dans l'océan, une petite et une grande. Photo de l'embouchure de la petite, à l'endroit où l'eau douce et les vagues salées s'affrontent :
Cette journée se termina, comme la précédente, par un repas de poissons et de fruits de mer, une douche en se renversant des bassines d'eau sur la tête, un bain chaud, et une bonne nuit de sommeil dans les futons :).
Petit aparté sur Shimoda : c'est la ville où sont arrivés les américains en 1855 environ, notamment le fameux (fameux au Japon) commodore Perry, pour exiger l'ouverture du Japon, ce qui fut un grand choc après deux siècles de fermeture quasi totale. C'est donc là qu'a été signée une partie des traités d'ouverture, et que le premier consulat américain - et occidental - s'établit (dans un temple ; il n'est pas rare qu'un temple serve à autre chose qu'au recueillement).
Anecdote, de source le Lonely Planet : par voie de conséquence de cette histoire politique, c'est là que débuta et se répandit la consommation de lait au Japon, car les japonais n'en buvaient pas avant de voir les occidentaux le faire.
2 commentaires:
Mon Dieu, une brosse à dent magique ! Je suis fan, il me la faut !
Et comme dit le panneau, prenez bien garde aux Tsunamis. Ces fourbes sont fortement nonlinéaires.
Houa je pensais pas que ça faisait si longtemps que je n'étais pas venu! J'aime beaucoup la cinquième photo en partant de la fin. Je pars rattraper mon retard!
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