Après deux heures et demi de trajet (et nos premiers bouchons tokyoïtes), nous voilà arrivés au Mont. Evidemment, pas de photos pour le moment car il fait nuit noire à 22h30. Après s'être tous changés et avoir acheté de l'eau, le signal officiel du départ est donné à 22h55. L'escalade commence très facilement: le chemin est plane et large et monte doucement. Mais après la première 'hutte' (maison en bois où on peut acheter snacks et boissons et même passer la nuit (beaucoup de gens commencent la montée en journée, dorment jusqu'à 2-3 heures du matin et finissent la montée pour assister au lever du soleil au sommet)), la montée devient plus pentue et plus étroite. L'air sent bon, on en aspire de grande bouffée (même si Tokyo est moins polluée que Paris, ça reste l'air d'une grande ville...), et je restreins les efforts d'Aurélien qui s'il pouvait ferait la montée en courant (heureusement il ne peut pas !) de façon à ce que j'arrive en haut, et en vie. On s'arrête régulièrement, on rachète de l'eau énergisante, je force Aurélien à manger une banane, et je profite des cookies excellents que l'un des organisateurs offre à ceux qu'il croise en pause aux huttes (l'une des récompenses à ne pas monter trop lentement: ses cookies étaient divins!) Passés 3200 mètres, force est de constater que l'on ne souffre pas du mal des montagnes. Comme c'était une grande incertitude pour moi, des ailes me poussent pour continuer la montée en limitant les pauses (en fait, dès qu'on s'arrète, je suis transie de froid) et ne manger de façon consistante qu'en haut. Petit à petit on avance, et enfin c'est l'arrivée au sommet : 3776 mètres ! Comme on est partis de 2305 mètres, cela fait plus de 1400 mètres de dénivelés. Mais, catastrophe ! on regarde l'heure d'arrivée: 2h30 du matin; le soleil ne se lève que dans deux heures ! et aucun restaurant n'est ouvert ! il fait zéro degrés, et même après avoir enfilé toutes les couches de vètements disponibles (en fait pas grand chose, on a prévu un peu light, c'est normal aussi: on vient d'une contrée où il fait 35° à l'ombre, difficile de vraiment se projeter dans un monde à 0°), et il fait frooooooid. Depuis 19h30 (on s'est fait un équivalent du macdo pour engranger de l'énergie), je n'ai mangé que deux cookies et une tranche et demi de pain de mie aux raisins, et j'ai une faim de loup !! On se les caille grave, alors un gentil français (inconnu) m'offre un bas de k-way dont il n'a pas besoin. Il est au moins 10 tailles trop grand pour moi, mais ça coupe du vent et me permet de garder ma chaleur. Pour passer le temps, je commence à sautiller sur place. au bout de 10 minutes, j'en ai marre, et Aurélien me dit que couché en chien de fusil sur le banc en pierre, il ne fait pas si froid que ça, alors je l'imite. On va passer comme ça quasiment une heure sur le banc pile en face du panneau en bois disant: "Sommet du Mont Fuji, 3776 mètres". Je somnole, grelottante et affamée. Au bout d'un moment, Aurélien qui s'est tourné remarque de la lumière dans les huttes en bois, alors on se lève et ouf! les restaus ont ouvert! Il est 3h40, et enfin on mange une bonne soupe de nouilles chaudes. On y retrouve les organisateurs et ceux ayant monté rapidement. Malins, ils savaient eux que les restaus ne seraient pas ouverts toute la nuit !! Mais bon, les pires moments sont passés: la faim complètement, et le froid est devenu supportable. Et vers quatre heures, le noir de la nuit s'estompe. Première photo de l'aurore qui pointe le bout de son nez à 3h55:
Enfin, après avoir attendu les retardataires, direction l'onsen et presque 2 heures de prélassement dans des sources thermales chaudes, dont voici l'entrée:
puis le bus nous ramène vers la ville, la chaleur et les forêts d'immeubles...
4 commentaires:
Excellent !!! J'aurais trop aime être avec vous pour partager l'aventure.
Moi aussi, mais sans duche.
aaahhhh!
j'arrive!
Venez tous !!!!!!!!!!!!!!
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