On est super motivés, donc à 8h on est dans le Super Azusa (nom du train entre Shinjuku et Matsumoto), qui se révèle bien moins que super : sur un trajet de 2h40, on aura finalement 2h20 de retard... a priori a cause d'un train bloqué par les pluies en avant de notre train. Bizarre : effectivement il pleut, mais modérément, et 2h20 pour régler le problème : pas très efficace (understatement).
A Matsumoto, on change pour un train qui va à Shin-Shimashima, d'où partent tous les bus pour cette partie des Alpes japonaises. Le trajet de bus suit la rivière Azusa entre montagnes, barrages et tunnels, et monte, monte...
On arrive finalement à 15h à Kamikochi, et nos déboires de transports sont aussitôt oubliés : le coin est vraiment en pleine nature !
Les derniers 5km vers Kamikochi sont interdits aux voitures : seuls les bus et taxis peuvent passer, ce qui en fait un endroit très calme.
De plus, la nature est assez dense, donc dès qu'on s'éloigne de la route de 15m, on ne la voit plus !
Enfin, Kamikochi n'est pas une ville, et même pas un village ; à part la gare routière, le centre d'information et deux policiers dans une guérite, on y trouve seulement une dizaine d'hôtels qui se fondent bien dans le paysage. Une fois les cartes de rando prises au centre d'information et nos affaires déposées à l'hôtel, on part pour une balade d'1h30 le long de la rivière Azusa. On est quasi tous seuls, et le sentier de balade le long de la vallée est vraiment agréable et beau. On y croise même un singe et son petit ! Incroyable : cet endroit vaut le trajet.
On rentre à l'hôtel pour un beau repas aux dix plats (deux choix d'horaires : 18h ou 18h30), puis onsen et dodo !
Notre chambre :
Le lendemain matin, on prend le petit-déjeuner (arg, petit-déjeuner japonais : c'est dur...) à l'horaire le plus tard possible (trois choix : 7h, 7h30 et 8h), puis on part en rando pour le sommet Nishi-Hotaka-Dake.
On part à 9h, et lorsque le réceptionniste entend qu'on part pour ce mont, il rigole et dit que c'est très difficile et qu'il est trop tard pour le faire dans la journée. Bon, tous les guides sur le japon disent que les japonais exagèrent la difficulté et la durée des randos, donc on maintient notre programme, d'autant plus que le mont est à 2900 et Kamikochi à 1500 : 1400 mètres de dénivelé aller-retour dans la journée, c'est largement faisable, même en partant à 9h :) et au pire, on fera demi-tour avant...
Le chemin longe d'abord sur 20 minutes la rivière Azusa :
Photos du niveau du refuge : magnifique !
Le sentier de crête (de 4.5km) se révèle vraiment très boueux, donc c'est couverts de boue jusqu'aux genoux et trempés par la pluie ( le sentier de crête se trouve dans les nuages) que l'on émerge enfin de ce sentier, à 1/2h du sommet du Yake-dake.
Comme on est trop détrempés pour finir l'ascension, on commence la redescente, toujours dans le nuage :
Retour le long de la rivière Azusa, toujours aussi belle :
On ne voit pas les sommets que l'on a arpentés, cachés par les nuages :
En yukata et sur-yukata, devant un joli panneau de porte :
Le lendemain, beau ciel, et nous voilà repartis pour un deuxième sommet, cette fois le Mae-Hotaka-dake (3190 mètres, soit 1700 mètres de dénivelé), mais on y va sans l'ambition d'arriver au sommet car nos jambes sont un peu lourdes de la veille.
Le mec de la réception rigole à nouveau lorsqu'on lui répond où l'on va... il commence à nous titiller, lui !
Photos du Kappa-bashi sur les montagnes :
Au bout d'une heure, nous voilà arrivés à la hutte, à 2150 mètres : waou, malgré nos jambes lourdes, on a fait 600 mètres de dénivelé en 1h, pas mal.
Photo sur la vallée de Kamikochi :
Hélas, après 40 minutes de montée, c'est de nouveau de l'escalade ! On fait donc demi-tour.
Photo d'Aurélien négociant une descente corsée et très verticale :
C'est bien fourbus que l'on atteint l'hôtel pour un repos bien mérité, épanouis devant tant de nature :)
Au final, on a encore bien marché : environ 900-1000 mètres de dénivelé montée puis descente le matin, puis une dizaine de kilomètres en plat l'après-midi : même si l'on n'a pas atteint le sommet du Mae-Hotaka-dake, on sent que se lever du lit sera très difficile le lendemain ....
Le lendemain matin, lever à l'aurore (à 8h on est sortis ! on est passés à l'heure-ryokan), mais se passant de petit-déjeuner japonais - car deux matins ça suffit -, l'occasion de découvrir le paysage de Kamikochi sous la rosée :
le Yake-dake en toile de fond :
En 6h de transports, on passe de la pleine nature à la marée humaine et l'océan d'immeubles : quel contraste...
On a adoré Kamikochi, et les randonnées sont magnifiques, bien que les sommets (au-dessus de 2600m) semblent tous requérir une partie d'escalade à laquelle on ne s'attendait pas.
La nature y est intacte, c'est un vrai bol d'air et de sport que l'on y a pris !